vendredi 23 novembre 2012

Intercambio Europa - Costa Rica : Las energias renovables



 

"La tierra es el probable paraiso perdido"
                                                                              Federico Garcia Lorca.     

               Le Costa Rica est un pays qui sert souvent de référence  concernant les politiques menées liées au développement durable. 
Et il y a de quoi : de par sa position géographique le pays bénéficie d'une biodiversité exceptionnelle. Dans un espace restreint se côtoient volcans, rivières, forets humides, littoraux ainsi toutes les espèces vivant dans ces écosystèmes.
            Bien que petit par sa taille (0,6 % des terres émergées) le Costa Rica représente plus de 6% de la biodiversité mondiale et de nombreux efforts ont été faits par le passé pour préserver et promouvoir ces milieux fragiles. Plus d'un quart du pays est couvert de parcs naturels, le pays a souscrit a de nombreux traités pour la défense de environnement et il est l'un des pionniers en matière d’écotourisme.

            Dans le domaine des énergies renouvelables, le Costa Rica est également un pays à part en Amérique Centrale, en effet  98 % des habitants ont accés à l'electricité et 90% de celle ci est produite par des centrales hydroéléctriques.
Le pays a un important potentiel énergétique :
- Un fort ensoleillement, propice à la production d’énergie solaire et la mise en place de panneaux photovoltaïques.
- De fortes précipitations, puissants courants marins et nombreuses rivières, source d’énergie hydraulique et houlomotrice.
- Des vents importants propices à la production d’énergie éolienne ( le Costa Rica détient le parc éolien le plus important d’Amérique Latine)
- De nombreux volcans actifs, source d’énergie géothermique.
-Une grande diversité de matière organique permettant la production d’énergie de source biomasse.

            D'ici 2021, le Costa Rica souhaite par ailleurs etre le premier pays du monde à etre neutre en carbone, cela signifierait que les émissions de CO2 n’excéderaient pas la capacité d'absorption  naturelle de monoxyde de carbone, principal responsable du réchauffement climatique.

           Cependant, si ces données sont réelles, le Costa Rica conserve de nombreux aspects d'un pays en voie de de développement et peu de mesures existent en ville pour réellement diminuer les émissions de carbone : lors des 15 dernières années, l’émission de CO2 a augmenté de 45%...
La voiture reste reine des transport (70 % de l'espace de San José est occupé par les installations liées aux transports motorisés), la circulation reste anarchique, l'usage du vélo est très peu motivé et développé, les trains et tramways sont inexistants ou presque. Les nécessités économiques et l'absence de décisions politiques rendent donc compliquées une réelle utilisation des énergies renouvelables, de transports verts et des nouvelles technologies.

           Il existe donc  un réel paradoxe dans la mesure où un pays qui se veut porteur du développement durable ne peut se restreindre à la préservation des espaces naturels et conserver ce retard en terme de politiques aménagements urbains.Or sur ces thématiques de nombreuses villes européennes ont déjà une grande expérience dont l'Amérique Centrale et le Costa Rica pourraient tirer profit.          




            C'est dans ce contexte qu'a eu lieu le festival du film documentaire sur l’environnement, et le forum d’échange européo-costaricien sur les énergies renouvelables organisé par l'ambassade de France à l'université du Costa Rica. Étaient présents membres de la coopération internationale, étudiants, responsables de politiques publiques, représentants d'entreprises pour un partage d’expériences et une réflexion sur une meilleure production et utilisation des energies renouvelables au Costa Rica.

           Durant deux jours, la projection de films par l'association CRiterio ambiental, et les différentes tables rondes  auront  permis une sensibilisation et une mise en commun de differents projets de coopération existants. Entre autres : le développement des transports verts à travers la mise en place d'une ligne de tramway Transvia à San José, l'installation de la Cyclovia  (piste cyclable) à Cartago ;  la critique du "tout automobile" et la réappropriation "sociale" des espaces urbains réservés à la circulation motorisée ; l’utilisation des ressources renouvelables pour parvenir à une transition et une autonomie énergétique ; la diffusion de l'information et la nécessité de sensibiliser les populations à ces thématiques.

Présentation du projet Transvia à San José.

             Par ailleurs, si les films documentaires comme les interventions auront abordés des points très differents, tous s'accordent sur le fait qu'un réel changement de société visant un développement durable ne peut etre effectif que par une prise de conscience collective... Toute prise de décision politique ou initiative individuelle ne peut  avoir d'impact que si l'ensemble de la société est réceptive, et qu'elle est prête (selon ses possibilités)  à changer certains de ses comportements et sa manière de vivre.

            C'est dans cette optique que l'éducation au développement durable est la première étape pour un changement global de mentalités. L'École est en effet,  de par son caractère universel,  en première ligne car elle seule peut permettre cette prise de conscience dès le plus jeune age et la diffuser dans toutes les couches de la société.  
          Ainsi, si ce forum-festival n'avait pas pour objectif  une prise de décisions politiques, il aura été plus qu'utile par la nature des questions soulevées et la réflexion qu'il aura permis auprès du public.


  Bande annonce la 4ème révolution, pour une autonomie énergétique. 

Films diffusés dans le cadre du festival par CRitierio Ambiental
- La cuarta revolucion, Alemania, 2010.
- Las trampas de gas, Costa Rica, 2012.
- Cosmic Energy Inc. Italia, 2010.
- SolarTaxi, around the world with the sun. Alemania, 2010.



vendredi 2 novembre 2012

Fiesta de las mascaras


"El poder de la máscara sale de su capacidad de encarnar un espíritu, una relacion entre el hombre y los antepasados, el mundo visible y lo del invisible. Es inseparable de un contexto mítico que estructura el modo de existencia y de pensamiento de la inmensa mayoría de las sociedades."
                                              Presentacion de la coleccion de mascaras, Muséo Quai Branly, Paris.


         Aux États-Unis, en France, au Costa Rica, comme dans nombres d'autres pays se fête en cette fin du mois d'Octobre Halloween. Cette fête américaine d'origine païenne s'est fortement exportée ces derniers temps notamment vers  l'Europe et l’Amérique Latine. Et si elle encore fêtée par les étudiants le temps d'un week end, le Costa Rica cherche aujourd'hui à remettre en avant une fête traditionnelle pour contrer cette hégémonie américaine et promouvoir la culture nationale : La fiesta de las mascaras.  


   

          L'usage de masques est présent une grande majorité de cultures des cinq continents. Il prend place dans d'innombrables fêtes populaires qui vont du nouvel an chinois,  au carnavals en Amérique latine ou en Europe, danses diverses et interprétations théâtrales, rituels de passage et  funérailles en Afrique et Océanie... L'usage de masques est donc ancien et universel, et est porteur d'une réelle empreinte culturelle.

         Au Costa Rica, déjà les sociétés traditionnelles indigènes utilisaient les masques, mais son usage s'est généralisé avec la colonisation espagnole. Sont ainsi apparus les symboles et figures traditionnelles que l'on retrouve aujourd'hui dans les differents défilés  (ex : figure du diable, de la mort, de la sorcière ou du fou). La fiesta de las mascaras, à travers ses processus de construction ou la grandeurs de ses personnages fait d'ailleurs étrangement penser à la fête des géants, traditionnelle du Nord de la France et de ses grandes villes ( Lille, Douai, Bethune...).



Fête des géants, Nord Pas de Calais, France.
Mascaras tradicionales














         Les masques sont ici construits à partir de papier journal recyclé, humidifié et mélangé avec de la colle. Sont ainsi fixés de nombreuses couches de papier journal sur un ballon de baudruche. Le ballon une fois percé donnant la structure au masque, vient ensuite le travail sur la forme et  les expressions que l'on souhaite lui donner. Cette étape est longue et minutieuse. La construction des masques se termine par l'ajout de détails tels que moustaches, oreilles et ornements... Ces détails faisant souvent la différence,  on laisse ensuite sécher les masques avant le vernissage et leur utilisation.


Journée classe ouverte et interventions des parents d'élèves.















   
                                                                                                                        

                          

          C'est ainsi que la fête des mascaras a pris place dans le quartier Taras de Cartago, organisée par l'école Republica francesa et son directeur Mr Norberto Bonilla Valverde.
          Elle est fruit d'une préparation de longue haleine  : pendant plus d'un mois, élèves et parents ont participé à leur construction. Les parents d'élèves et un artiste créateur de mascaras sont maintes fois intervenus dans les classes pour expliquer et aider à la production. Une journée école ouverte avait d'ailleurs été organisée, permettant aux parents de venir préparer les masques dans la salle de classe.

               
De la iglesia hacia la escuela

  
           Tout ce  projet, de la conception à la réalisation,  a donc laissé une large place à l' investissement et l’initiative des parents d’élèves et de la communauté locale, fortement présente à Cartago. J'ai ainsi pu constater la qualité du dialogue entre l'équipe pédagogique et les familles, les parents comme élèves prennent plaisir à se rendre à l'école, à défiler avec leurs enfants, comme l’école cherche à les accueillir.
            Dans un quartier assez pauvre qu'est celui de Taras, on constate donc les bénéfices d'un tel esprit communautaire qui permet aux élèves d’évoluer dans un contexte scolaire positif.

         Cela nous renvoie à l'idée que l'école ne doit pas rester  un milieu fermé mais au contraire s'ouvrir aux familles. Cela  permet ainsi créer du lien entre l'institution scolaire et les habitants du quartier, ce,  au bénéfice et pour le développement de l’élève, mais aussi pour le bien être des habitants vivants dans un espace donné. L’école est ainsi facteur de cohésion sociale, de construction d'identité d'un quartier, premier pas vers un climat de respect général.

          C'est donc malgré la pluie que se sont réunis des personnages hauts en couleurs allant des séries et dessins animés préférés des enfants (Homer, Hello Kitty, Spiderman, Mario Bros), aux animaux (papillons, tigres, oiseaux), en passant par les masques plus traditionnelles (squelettes, sorcières...) ou appartenant aux légendes costariciennes ( la llorona, el cadejos).











El cadejos, leyenda costarricense





   









 
            A la suite du cortège ralliant l'église à l’école eu lieu une cérémonie avec danses, concert, repas, et distribution de prix pour les masques les plus originaux. Bien que la saison des pluies n'aura pas épargné cette journée, cet événement fut un succès et a de grandes chances d'etre reconduit. 


Cérémonie de las mascaras
 















Présentation des classes et remise des prix

















Sr Norberto Vaverde, Maria Isabel, Maud Le Chartier

mardi 16 octobre 2012

L'interdisciplinarité en milieu bilingue : formation avec Jean Duverger

                  Cette semaine nous avons eu le plaisir d'acceuillir Mr Jean Duverger pour un seminaire de formation sur le bilinguisme auprès des professeurs costariciens. Sa venue fait suite à un appel à projet mené par l'ambassade de France et fut très riche tant par les apports théoriques que par la mise en pratique et la dynamique créée aupres des équipes enseignantes.


Discours d’accueil de Mr l'ambassadeur
                
            Jean Duverger est l'un des précurseurs en terme de recherches sur l'enseignement bilingue,  il a ainsi écrit plusieurs ouvrages, tant sur l'apprentissage de la lecture en milieu bilingue que sur l''utilisation de ces différentes langues à travers les disciplines dites non linguistiques (sciences, mathématiques, histoire géographie). Il a occupé les fonctions d'inspecteur de l'éducation national, de formateur d'inspecteur,  fut le premier inspecteur national à être nommé pour la zone Espagne-Portugal et il est president-fondateur de l'Adeb (Association pour le développement de l'enseignement bilingue).

             Durant cette formation, avec Maud le Chartier et Jean Duverger, nous avons donc abordé diverses thématiques, parmi elles : 
                                        - la place de chacune et la cohabitation des langues (langue maternelle et langue d’apprentissage) dans les différentes situations pédagogiques et didactiques ( gestion de classe, formulation de consignes, situation de recherche, synthèses...)
                                        -  la place de la traduction et le traitement de l'erreur en classe bilingue
                                        -  la discipline dans le système costaricien
                                        -  les pédagogies actives et la pédagogie de projet interdisciplinaire adaptées à l’enseignement bilingue.
 Si cette semaine aura permis aux équipes du primaire et du secondaire de réfléchir de manière active sur ces sujets, elle aura aussi été une opportunité pour se réunir, faire un bilan, et se fixer des nouveaux objectifs à atteindre.


Travaux d'ateliers sur la gestion de projet bilingue
              
             A l'origine professeur de Sciences naturelles, Jean Duverger insiste sur le fait qu'il s'est intéressé au bilinguisme par hasard, de par son poste en Espagne et les problématiques rencontrées sur place. Pour lui le fait de ne pas être issu d'une formation de linguiste ou spécialiste des langues l'a aidé pour aborder ces thématiques de manière neutre et nouvelle, ce à travers des cas concrets, et basée une pédagogie où l'élève participe lui même à l’élaboration de ses connaissances.

              Jean Duverger réfute ainsi l'idée que l'immersion totale de l'élève dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle est bénéfique à l'apprentissage d'une nouvelle. Selon lui, on ne peut apprendre une langue qu'a partir de la première (la langue maternelle), les langues doivent se renforcer l'une l'autre, être en communication, à travers des modalités définies par l'enseignant, pour que l’élève fasse lui même des ponts et transferts de l'une à l'autre.

              Lorsqu'on parle de bilinguisme, c'est donc mettre en relation deux systèmes langagiers pour qu'ils se renforcent réciproquement, " il ne s'agit donc surtout pas de faire deux apprentissages monolingues." et de répéter les enseignements en deux langues différentes... "on apprend à lire qu'une fois et on apprend toujours en fonction de ce que l'on sait déjà" !
            Cette idée d'immersion totale, où l'élève serait amener à rejeter et oublier le temps d'une classe sa langue maternelle,  (encore très répandue et appliquée, dont au Costa Rica) est pour lui susceptible de bloquer l’élève dans ses possibilités de communication et serait davantage source de dégout pour la langue plutôt que d'attrait.

             Ainsi toutes les langues (proches étymologiquement ou non) sont d'abord vues comme des moyens, des codes differents qui permettent d'aborder une seule et même fonction : le langage.
On parle ainsi d’éducation linguistique au sens large, comme on peut peut parler d’éducation physique ou d’éducation musicale. On apprend mieux la musique grâce à differents styles musicaux, tout comme on apprend mieux le langage à travers des codes, des langues différentes.
 


Analyse de productions

             Pour Mr Duverger, l'enseignant doit donc piloter ces interférences entre langues d'apprentissage pour développer les compétences langagières de l’élève  Pour cela, une pédagogie de projet interdisciplinaire menée en classe est le moyen le plus efficace. A travers une production collective, l’élève est à amené à résoudre des problèmes et adopter une attitude réflexive (on parle de conscience métalinguistique) pour utiliser la langue de manière concrète et à bon escient.


            Cette semaine de formation s'est achevée par une intervention des inspectrices du Mep pour le francais : Marielos et Olga. Les reflexions menées auront permis de faire émerger les futures problématiques de recherche :  la communication et la coopération entre professeurs enseignants une langue différente, l'apprentissage de la lecture en milieu bi/plurilingue,  une étude comparée des programmes costariciens et français, la mise en place de projets bilingue relatifs au développement durable et l'élaboration de règles de vie communes aux sections bilingues costariciennes.

           Un grand remerciement aux professeurs du projet et aux inspectrices du Mep pour leur participation; à Maud Le Chartier avec qui ce fut un plaisir d'organiser et de mener cette formation et bien sur à Mr Duverger pour sa grande disponibilité, ses conseils et sa simplicité.


 
Avec Jean Duverger et Maud le Chartier


samedi 6 octobre 2012

Fiesta nacional y actos civicos


 


               Le mois de septembre s'achève, et avec lui un mois de fête au Costa Rica. Le 15 du mois se célébrait en effet l’indépendance du pays et au passage celle de tous les pays d'Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica ) proclamée en 1821.
              La nuit même de cette proclamation les habitants du Guatemala sortaient et attendaient l'annonce dans la rue une lanterne à la main... Ces lanternes (los faroles) sont ainsi devenus le symbole de l’indépendance du Costa Rica.


 















  
Faroles
   
            Cependant, à la différence de ses voisins, ce ne sont pas les chars blindés et les régimes d'infanterie qui défilent le jour de la fête nationale mais les enfants (le Costa Rica n'a plus d’exécutif depuis 1948).
 Le 14 septembre au soir, défilent ainsi  en fanfare les élèves des écoles, ceux de maternelle défilent quant à eux le matin en habit traditionnel et lanterne à la main.
Lors de ces défilés on y trouve des costumes et lanternes en tout genre, de la plus simple à l’œuvre d'art, d'une représentation de flambeau à celle représentant un village entier (cf défilé à Cartago et photos des lanternes réalisées par les élèves).


Desfile de los préscolares de la escuela Republica francesa, Catargo centro.
 

 





 

               Les semaines qui précédent la fête nationale sont  ainsi très chargées, tant pour les élèves que les enseignants. Dans les écoles, les répétitions de la fanfare ou la fabrication de décorations aux couleurs nationales sont  quotidiennes. De plus, les élèves (de la maternelle au lycée) doivent effectuer des actes civiques en honneur à la patrie.
              Dans le primaire et le préscolaire cela se traduit par la préparation d’expositions, d'affichages, de discours ou de pièces de théâtre sur des éléments représentatifs et symboliques du Costa Rica : la faune et flore locale, plats traditionnels costariciens, coutumes et valeurs nationales, historique du drapeau,  légendes costariciennes etc..

Discours sur les emblèmes costariciens, Concepcion.




Repétitions de la fanfare d'ecole, Cartago


               Pour positiver ces productions, tous les élèves de l’école se réunissent chaque jour, cela se fait de manière très ritualisée et cérémonielle : présentation et hymne au drapeau, hymne national, présentation des élèves, sortie du drapeau... (cf photos d'un acte civique à la Terràn Valls).


Acto civico, escuela Terràn Valls, Concepcion de Tres Rios.


















            Pour quelqu'un d’extérieur cela peut sembler dérangeant ou exagéré tant le sentiment national semble exacerbé.. A quoi pense l'élève de 5 ans quand il doit chanter l'hymne la main droite sur le cœur alors qu'il ne différencie pas sa droite de sa gauche ?

           Cependant, si en France l’excès d'usage de symboles nationaux peut être perçu comme "extrémiste", le sens conféré ici est tout à fait différent... la majorité des costariciens sont simplement fiers d'appartenir à ce pays,  ils considèrent les éléments formant la culture nationale comme étant de leur propre identité , et c'est à ce sentiment d’appartenance commun que participe l’école publique et qu’intègre le jeune élève. L’école est ainsi vue comme un lieu de socialisation et de transmission de valeurs dont celles de la nation ont la priorité. (trabajo, paz, convivencia, independencia...)
           Rien de plus normal donc ici que d'arborer sur sa voiture, son bureau, ou devant sa maison la bannière tricolore. (le drapeau costaricien s'est inspiré de celui français avec cependant une signification différente pour les couleurs : bleu symbole du ciel et de l’éternité, blanc pour paix, et rouge pour le travail et le labeur).




jeudi 20 septembre 2012

Escuelas del proyecto bilingue

Voici donc une presentation des deux écoles où je passe la plupart de mon temps.

Escuela "Republica francesa" de Cartago

L’école "republica francesa" se trouve dans un quartier à l'entrée de la ville de Cartago qui est l'ancienne capitale du Costa Rica.


Escuela Republica francesa, Barrio Taras, Cartago.


J'y intègre deux classes de maternelle, équivalentes de la grande section en France : La transicion 1 de Sofia y la transicion 2 de Sonia.
Dans ces classes bilingues y sont enseignés tous les domaines disciplinaires ( découverte du monde et de l’écrit, s'approprier le langage oral...) mais appartenant aux programmes costariciens. Ceci en Francais et en y intégrant les objectifs du programme bilingue Filbil.  L'usage de l'espagnol reste ainsi réservé à des situations spécifiques ( problèmes de discipline ou explication de consignes complexes).
L'année commençant en février, les élèves âgés de 5 ou 6 ans ont donc juste 5 mois d’expérience en contact avec la langue française. Ils ont cependant atteint un niveau de compréhension qui est déjà très correct.


     



Dans cette école, comme dans l’école Terràn Valls présentée plus tard, les rythmes sont très differents de ce que l'on connait en France.

Par exemple, une classe = deux groupes, c'est à dire que les élèves ont cours soit le matin soit l’après midi, car l'autre demi journée est réservée à un autre groupe. Il y a par exemple à la "republica francesa" huit groupes de maternelle  pour quatre salles de classe.
Difficile donc de venir une heure avant pour préparer sa classe ou de rester la ranger car le professeur responsable du deuxième groupe a besoin de l'espace dès que la demi journée est terminée...
Cela nécessite une certaine organisation et une bonne communication. Les élèves vont donc à l’école soit de 7h du matin à 12h, soit de 12h 30 à 17h en alternant un jour sur deux et ont ainsi cours du lundi au vendredi, mercredi compris.
Si cela peut paraitre aller à l'encontre du rythme de l'enfant,  c'est également la seule solution pour scolariser tous les élèves dans des conditions correctes. Les taux de scolarisation et d’alphabétisation avoisinant les 100 %  restent ainsi les plus élevés d'Amérique latine.



 A l’école Republica francesa, les équipes pédagogiques s'inspirent des programmes et des recherches didactiques en France. Les enseignants fonctionnent donc beaucoup par rituels d'acceuil, mise en place d'ateliers, gestion de projets, situations problèmes, premiers pas vers la lecture et l’écriture... Il faut souligner cet effort car les conditions tant au niveau matériel, d'accès aux sources, que de formation, sont très différentes de celles en France. Cela implique une réelle volonté de la part des enseignants pour évoluer professionnellement au bénéfice de l’élève.
Il faut dire qu'au Costa Rica, la maternelle s'appelle préscolaire et n'a donc pas comme objectif l'introduction aux apprentissages fondamentaux (français et mathématiques). La plupart des éleves de maternelle n'entrent donc pas en contact avec chiffres, lettre ou activités dites "scolaires" avant le CP.

Pour le ministère costaricien, l'activité des élèves passe davantage par le jeu libre, à travers lequel le maitre doit émettre des hypothèses.
Dans sa conception l’école maternelle semble donc avant tout un lieu de développement personnel et de socialisation de l'enfant, plus qu'un lieu d'apprentissage. A ce titre, l’école maternelle "à la française" vue comme lieu d'apprentissage et non comme un kindergarden reste singulière.




Sofia et les élèves de la transicion 1






Escuela Terràn Valls de Concepcion de Tres Rios

L'ecole Terràn Valls se trouve à Concepcion, une petite ville à la peripherie et sur les hauteurs de San José.
Elle appartient tout comme la republica francesa au projet bilingue Filbil. Les horaires de classe et les conditions d'enseignement sont quasi similaires à celles de Cartago.
J'y integre deux autres classes équivalentes à la grande section les mercredi et jeudi, la transicion 4 de Estibaliz Garro Hidalgo et la transicion 2 de Roy Gomez.A la différence de Cartago les classes de maternelle sont ici intégrées à l'école élémentaire.

Concepcion de Tres Rios


Escuela Terran Valls, Concepcion.






dimanche 9 septembre 2012

Fiesta de la francofonia, Salvador Umana Castro



Ma première semaine a été riche en présentations...  les professeurs du projet bilingue, les membres de l'ambassade de France au Costa rica, de l'Institut français d'Amérique centrale, du Ministère de l’éducation publique costaricien, et bien sur les élèves! A ce titre je remercie tout spécialement Maud pour tout le temps qu'elle m'a consacré cette première semaine !

Cela fait beaucoup de monde et tous se sont  montrés très satisfaits par mon arrivée. Il faut dire qu'un professeur "Jules Verne" était attendu depuis longtemps...

J'ai donc été très rapidement accueilli et mis à contribution par les équipes et les inspectrices pour le français du Mep. Elles sont deux pour occuper cette fonction : Marielos et Olga


Marielos et Olga au ministère d’éducation publique, San José

Olga (chargée de l'enseignement primaire) et Marielos (chargée du secondaire) sont deux personnes passionnées par le français et son enseignement. Elles se battent pour la conservation et le développement des sections bilingues franco espagnoles dans un contexte où l'anglais à toutes les priorités en matière d'enseignement des langues en Amérique centrale, donc aussi au Costa Rica. 
"Las Asesoras de frances" ont en charge la gestion des enseignements de français (élaboration des programmes du projet bilingue), elles organisent les formations des professeurs locaux et participent à de nombreux evenements culturels liés à la France dans les écoles ou lycées.

C'est dans ce cadre que j'ai participé à la fête de la francophonie, au lycée Salvador Umana Castro à Guadalupe, un quartier populaire au nord de San José.

Guadalupe, San José


A l'initiative des professeurs et élèves étudiant le français : la mise en place d'un projet avec concert de chanson française, danses et mimes, pour promouvoir le français et sa culture.
Seul "national" parmi 400 élèves et professeurs, et invité comme représentant de l’Ifac, je fus invité à faire un discours sur la francophonie et j'ai même eu droit à la marseillaise après l'hymne du Costa Rica ! (sensation étrange d’être "invité spécial" par le simple fait d’être français).

Ce type d’événement permet de se rendre compte de l'image que peut avoir la France à l’Étranger et ici dans un quartier de San José. Cela permet de constater également, que si le concept de francophonie est quelque chose qui peut nous paraitre abstrait en métropole, il prend tout son sens lorsqu'on participe à un fête comme celle ci. Les eleves s'investissent dans un projet, prennent plaisir à le présenter aux autres, tout en y amenant des aspects culturels et linguistiques.
Telle que je l'ai vecue ce jour, la francophonie est donc davantage un  facteur d’échange culturel et de respect de la diversité, bien plus que la promotion d'un pays ou de sa langue (ici le francais).
Merci à Eduardo qui a porté a bout de bras ce projet et aux jeunes de Salvador Umana, le message est passé!





Avec Marielos, Olga, et Mr le mime
Discours de Marielos sur l'apprentissage du français au CR.


Los artistas